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De certains sondages : « Miroir, miroir, dis-moi ce que je pense ! » (notes de campagne)

NOTES DE CAMPAGNE (Un regard Sémiologique)

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Les sondages, devenus notre pain quotidien surtout en période électorale, ne sont qu’un des moyens de mesurer l’opinion publique. Il en est de nombreux autres, appelés études ou enquêtes, beaucoup plus sophistiqués, qui tentent d’analyser cette nébuleuse qu’est l’opinion publique dont certains philosophes et sociologues (Jean Baudrillard, Pierre Bourdieu [1]) disent qu’elle n’existe pas. Il n’empêche que la préoccupation est là qui incite les sociétés modernes à se donner les moyens de saisir ce que pensent les gens, quelle que soit la façon de les nommer (public, population, consommateur, électeur, peuple). Fantasme ou réalité, l’opinion est devenue l’objet de toutes les attentions dans nos sociétés politiques et marchandes. Les sondages, eux, sont omniprésents. Ils envahissent —polluent disent certains— l’espace public. Ils font maintenant partie du paysage politique, et parmi les divers moyens de saisie de l’opinion ils sont les plus visibles. Bon an mal an, ils contribuent à donner une vague idée de certains aspects de la vie en société, et, par voie de conséquence, ils sont susceptibles de jouer un rôle dans la construction des pensées et des actes des citoyens du seul fait qu’ils sont portés à leur connaissance.

Trois problèmes se posent à leur propos : celui de leur fabrication, celui de leur publication et celui de leur influence. Je ne vais pas m’intéresser ici à certaines des questions qui font débat et dont la presse qui diffuse les sondages —et parfois les commandite— fait état en donnant la parole à différentes parties, celles qui les critiquent et celles qui les défendent [2]. Par exemple, pour leur fabrication, la question de savoir s’il faut constituer des échantillons de population en utilisant la méthode des quotas ou une méthode aléatoire ; s’il faut opérer des redressements en raison des marges d’erreur possible et avec quelle technique ; s’il faut fidéliser les sondés pour les sondages politiques en leur octroyant une gratification, et s’il faut plus de transparence quant aux commanditaires et au financement des sondages. Je ne m’occuperai pas non plus de la question de leur diffusion : savoir si les médias doivent les diffuser dans leur intégralité, avec des chiffres bruts en faisant apparaître les marges d’erreur ou sous forme de synthèses après opérations de redressement ; savoir s’il faut limiter leur publication, ce à quoi s’était employé le législateur par la loi de 1977, et dont récemment une commission du Sénat a demandé la révision.

Je ne m’intéresserai pas non plus, dans le cadre de cette note de campagne, à la question de l’influence que les sondages pourraient avoir sur le public. Problème extrêmement complexe qui divise les chercheurs sur les moyens de mesurer cette influence, par enquêtes de terrain ou de façon expérimentale [3], sans compter le fait que, si influence il y a, il est difficile, au milieu de tout ce qui circule dans l’espace socio-politique, de savoir quelle part reviendrait aux sondages. Il n’est donc pas aisé de savoir si les sondages renforcent ou dévoient le fonctionnement du jeu démocratique. On connaît la dramatisation qui en est faite par les médias en présentant les résultats sous forme de courbes, d’histogrammes ou autres camemberts diversement coloriés qui montrent les fluctuations, les changements de niveau, les dépassements, les retards ou les avancées de la cote des candidats. Les titres et légendes qui les accompagnent témoignent de ce goût du suspense. En voici quelques exemples tirés du magazine Paris Match qui publie chaque soir à 18h, en ligne, le résultat de sondages effectués par Ifop/Fiducial : 27 janvier « Hollande conforté, Sarkozy affaibli » ; 30 janvier « Hollande toujours plus haut » ; 31 janvier « L’effet Hollande bat son plein » ; 1er févier « Embellie pour Sarkozy » ; 2 février « Marine à la Peine » ; 3 février « Sarkozy entre dans la course. Bayrou stagne » ; 6 février « Sarkozy rechute » ; 7 février « Le grand plongeon de François Fillon » ; 8 février « Sale temps pour Bayrou » ; 13 février « Mélenchon progresse » ; 14 février « Sarkozy en forme » ; 20 février « L’écart se réduit » ; 21 février « La campagne Sarkozy jugée favorablement » ; 23 février « Le Pen reprend pied » ; 24 février « Hollande s’effrite ». On pourrait en faire un inventaire à la Prévert. Pour toutes ces questions, je renvoie à diverses études qui font état de ces controverses [4].

Je pointerai ici un aspect des sondages qui est rarement traité et qui pourtant concerne aussi bien leur mode de fabrication que leurs effets. Les sondages font circuler de la parole dans l’arène publique et c’est la façon dont est construite cette parole que je voudrais interroger à mon tour. Car si l’on peut se poser la question de savoir si les sondages sont exacts ou erronés, s’ils disent un état définitif ou simplement une "photographie en un temps donné" de cette opinion, il en est une autre, peut-être plus fondamentale qui est : que mesurent les sondages ?

Il y a sondage et sondage

Un sondage est un acte de parole qui met en regard des questions et des réponses. Il convient donc d’examiner comment est formulée la question et ce qu’elle induit comme réponse possible, car d’une manière générale, toute question impose un cadre de parole dans lequel elle insère le répondeur. Que nous dit le fait que quelqu’un pose une question à quelqu’un d’autre ? D’abord, que le questionneur veut savoir quelque chose à une certaine fin. Or cette finalité peut varier selon l’intention du questionneur, l’identité du questionné et la situation dans laquelle ils se trouvent. Du point de vue du questionneur, ce peut être demander une information afin : d’éclairer sa conduite (« Quelle heure est-il ? », « Où se trouve la rue Saint Maur ? », d’opérer un choix (« Qu’est-ce qui est mieux, moquette ou plancher ? » ou de délibérer (« Doit-on répondre à la rumeur ou la laisser passer ? »), de faire un diagnostic (« Est- ce que vous avez de la fièvre ? »), de vérifier le savoir de l’autre (en classe : « Combien y a-t-il de départements en France ? », d’établir des recoupements avec d’autres informations (au commissariat : « Où étiez-vous lundi à 20 heures ? »), de s’interroger sur l’avenir (« Neigera-t-il demain ? ») ou sur un absent en demandant au questionné de partager la même interrogation (« Crois-tu qu’il est vexé ? »). Du même coup, on voit que le questionneur doit être reconnu par le questionné comme étant fondé à poser une question, ce qui explique qu’on ne puisse poser une question à n’importe qui, dans n’importe quelle circonstance. Le questionneur doit être légitimé. Ensuite, poser une question à quelqu’un revient à lui imposer un cadre de pensée. Celui-ci est mis dans l’obligation de répondre dans ce cadre dont il n’aurait peut-être pas envisagé le contenu. Toute question présuppose l’existence d’un fait, d’un événement ou d’un savoir : demander « Avez-vous de la fièvre ? », c’est présupposer qu’existe la fièvre comme un indice possible pour le diagnostic, poser que le patient peut en être affecté et que c’est à ce propos que celui-ci doit répondre. On voit par ce phénomène d’imposition d’un cadre de pensée le pouvoir du questionneur sur le questionné [5].

La question de sondage participe de ce cadre, mais a des particularités qui lui sont propres, à commencer par le fait qu’elle n’est pas une question de demande d’information [6] : sa finalité consiste à établir un certain état des opinions supposées communes à un groupe d’individus en cumulant les réponses pour mesurer leurs goûts, leurs avis, leurs intentions d’agir ou les actions qu’ils ont déjà accomplies. Sa légitimité repose sur un droit diffus, inscrit dans le jeu de la régulation sociale, qui consiste à justifier que l’on teste l’opinion publique au nom de la démocratie (sondages politiques) ou de l’économie de marché (enquêtes publicitaires). Le sondé se trouve enfermé dans un cadre de questionnement qui lui impose un univers de pensée dans une formulation qui problématise des oppositions, et qui propose par avance une batterie de réponses. En cela, la question du sondage ne ressemble pas à la question ordinaire, à moins de se trouver dans une situation de coercition totale : [Dans un interrogatoire de police] « Répondez par oui ou par non : avez-vous rencontré Dupont ? » La personne interrogée se trouve prise dans l’obligation d’émettre un avis, d’exprimer un positionnement, de choisir entre des possibles, et donc de révéler ses idées sans que l’on puisse affirmer que son opinion ait préexisté à la question. En outre, autre spécificité, le répondeur ne sait pas à qui il répond comme dans une relation interpersonnelle. Au mieux, il répond à un destinataire collectif dont il fait parti, ce qui explique ce paradoxe, à savoir que son opinion, malgré le « vous » qui l’implique (« qu’en pensez-vous ? »), n’est pas son opinion personnelle (celle qui pourrait être discutée en face à face avec un interlocuteur).

Cependant, toutes les questions n’induisent pas le même type de jugement et, par voie de conséquence, les réponses n’ont pas à être traitées de la même façon. Lorsqu’on examine les questions qui sont posées dans les sondages, on constate qu’elles ne placent pas le sondé dans la même attitude d’opinion, et que l’on est conduit à distinguer, au moins trois types de questionnement, et donc de sondages : d’intention, de préférence, d’évaluation.

Les sondages d’intention

Les sondages d’intention comportent des questions qui ne portent pas sur des comportements mais sur des déclarations de comportement. Il s’agit pour le sondé de se projeter dans une action à venir qui suppose que l’on ait fait un choix. Sa réponse révèle certes une position d’engagement, mais du fait qu’il s’agit d’un acte futur, il se trouve dédouané car il sait qu’il pourrait changer d’avis. Sa réponse ne relève pas du mensonge. Répondre à une question sur un comportement prévisionnel ne comporte pas d’enjeu immédiat, et laisse le champ libre à l’inspiration [7]. La question « Pour qui pensez-vous voter ? » n’engage pas davantage que : « Si on vous attaque, qu’est-ce que vous faites ? », à l’émotion près.

On voit ainsi la différence entre un sondage d’intention de vote et un sondage d’estimation des résultats opéré à la sortie des bureaux de vote. Dans ce dernier cas, la question porte sur un comportement supposément réalisé et le sondé répond de façon factuelles sur un acte accompli (acte performatif, dit-on en pragmatique), et se trouve dans la situation de devoir dire pour qui il a voté, au risque de mentir. Cela explique du même coup que les sondages d’après vote dans les urnes soient plus fiables, puisque, à quelques ruses près, les sondés disent quel acte ils viennent d’accomplir.

Mais revenons à la déclaration d’intention. Un récent sondage de l’Ifop publié par le journal Le Monde du 23 février 2012, fait état des intentions de vote des enseignants pour le premier tour de l’élection présidentielle" : 46% voteraient (le conditionnel s’impose) pour François Hollande, 19% pour François Bayrou, 12,5% pour Nicolas Sarkozy et 10% pour Jean-Luc Mélenchon. Au deuxième tour, 79% pour François Hollande et 21% pour Nicolas Sarkozy, ce qui, comparé au sondage de 2007 qui donnait 62% pour Ségolène Royal et 38% pour Nicolas Sarkozy, montre une plus grande hégémonie en faveur du candidat de gauche. Il s’agit bien de la mesure d’une intention qui n’est pas l’acte lui-même mais un acte en perspective, déclaration qui n’engage guère le sondé parce qu’elle est liée à l’humeur du moment et laisse le champ libre à un changement possible sans risque de parjure. On comprend cependant que les sondages d’intention soient de plus en plus fiables au fur et à mesure que l’on s’approche de l’échéance électorale, car, la perspective d’accomplissement de l’acte se rapprochant, l’engagement potentiel prend plus de consistance [8]. Quant à la question souvent posée sous la forme : « Si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu dimanche, quel serait le candidat pour lequel il y aurait le plus de chances que vous votiez ? » n’engage pas plus le sondé, car il sait qu’il n’ira pas voter dimanche.

Les sondages de préférence

Les sondages de préférence comportent des questions qui mettent en concurrence au moins deux éléments (personnes, objets, comportements) dont on cherche à savoir lequel des deux a la plus grande faveur des gens. Cela se pratique surtout pour des études de marché afin d’orienter la production de biens de consommation ou les campagnes publicitaires, plus rarement pour les sondages électoraux. Dernièrement, cependant, un sondage de l’Ifop, publié par Paris Match, le jeudi 23 février 2012, a proposé aux futurs électeurs de répondre à des questions présentant un choix entre deux candidats : « Des deux personnalités suivantes, laquelle préférez-vous ? » Les réponses donnent 51% pour François Bayrou face à François Hollande qui ne recueille que 48%, alors que le premier est donné à 61% lorsqu’il est mis en concurrence avec Nicolas Sarkozy qui ne recueille que 37%.

On se trouve ici dans un cadre de pensée comparative qui opère un rapprochement non nécessairement prévu entre deux candidats, rapprochement qui oblige à s’interroger sur les personnes, sur la personnalité des candidats, car il s’agit de marquer une préférence pour l’une d’entre elles. Un tel sondage de préférence place le sondé dans une position de devoir choisir en fonction de critères plus affectuels (sympathie, confiance, fiabilité, charismes) que rationnels (programmes, appartenance politique). C’est la raison pour laquelle, le sondage de préférence se démarque du sondage d’intention : il ne s’agit pas de déclarer ce que serait un comportement prévisionnel en faveur d’un candidat ou d’une candidate à l’exclusion de tous les autres, il s’agit d’exprimer une inclination envers l’une des deux personnes d’après les impressions qu’on en a, comme on le ferait entre un bourgogne et un bordeaux si on voulait manifester son goût en matière de vin. Cela explique que le sondage de Paris Match cité plus haut ne soit d’aucune indication quant aux choix du vote des électeurs. On aurait pu aussi bien demander quelle préférence entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, et il est probable que les clivages ne correspondraient pas aux intentions de vote. Il est même probable que les personnes interrogées ne se répartiraient pas de la même façon, certains du Front national préférant Jean-Luc Mélenchon et certains du Parti de gauche préférant Marine Le Pen. Les sondages de préférence ne se convertissent pas en intention de vote.

Les sondages d’évaluation

Il est un autre type de sondage qu’il importe d’examiner de près parce qu’il concerne un autre aspect de l’opinion citoyenne : le sondage d’évaluation. Il cherche à savoir comment les citoyens se positionnent au regard de certains problèmes de société : le réchauffement climatique, l’euthanasie, la procréation in vitro, la sécurité, etc. La finalité de ce type de sondage vise à apporter des informations en vue d’enrichir les controverses sociales dont certaines questions sont l’objet. Le sondé se trouve placé dans une situation où il doit porter un jugement sur un problème dont il ne connaît pas tous les tenants et les aboutissants parce qu’il n’est ni spécialiste pouvant donner un avis technique, ni juriste pouvant apporter des arguments juridiques, ni politique devant prendre une décision à des fins législatives.

Le sondage d’évaluation place la personne interrogée dans un cadre de pensée qui exige que l’avis exprimé repose sur une expérience de vie personnelle, sur des observations, sur des sentiments, mais tout de même étayés par une certaine rationalité parce qu’elle doit se prononcer ni sur des personnes ni sur des actes futurs mais sur une problématique : « Peut-on utiliser des cellules souches pour faire progresser la science ? ». Le sondé n’est pas considéré ici comme celui qui a l’intention d’accomplir un acte ou qui doit exprimer une préférence entre deux personnes, même s’il peut être amené à prendre position pour ou contre un avis, mais comme celui qui est censé exprimer un jugement de raison parce qu’il y va à la fois de sa vie personnelle et de l’intérêt général. Le sondage d’évaluation est en cela plus conforme à une démocratie de représentation participative. Il fait émerger des jugements sans engagement ni expertise de la part des citoyens, mais il leur attribue le rôle d’expression d’une conscience citoyenne.

Les problèmes des sondages d’évaluation : le miroir aux alouettes

Finalement, les sondages d’intention de vote ne sont guère intéressants. Comme à la Bourse, les cotations montent et descendent au gré des circonstances de la Campagne. Une invective ici, une boulette là, une promesse fracassante de l’un des candidats, une phrase percutante de l’autre, un meeting réussi et la cote des uns monte tandis que simultanément celle d’autres descend. Bien sûr, ils alimentent la dramaturgie électorale, bien sûr, ils permettent à de nombreux commentateurs d’exercer leur parler, aux talk shows des chaînes de télévision et des stations de radio d’entretenir la conversation, aux pages Opinion des journaux de créer ou d’entretenir des controverses [9]. Bien sûr, ils indiquent des tendances, mais on sait qu’une campagne électorale se joue dans les dernières semaines et que c’est à ce moment que les chiffres deviennent parlants, à condition toutefois de ne pas confondre la population des sondés avec l’ensemble du corps électoral allant voter : il suffit de se souvenir de la "bombe" de 2002.

Je voudrais plutôt m’intéresser à ce miroir aux alouettes que constituent les sondages d’évaluation, incluant parfois des questions de préférence, et ce sous couvert d’étude scientifique de l’état de l’opinion française.

En septembre 2010, un journal titre : « Les jeunes plutôt confiants dans leur avenir », et sous-titre : « Malgré la crise, le premier baromètre de la jeunesse révèle une génération individualiste et pragmatique. Les 16-30 ans croient en eux-mêmes, moins en la société » [10]. Suivent deux graphiques présentant les résultats. Que peut-on en penser ? D’abord, on aura remarqué l’emploi du terme « baromètre » : il permet d’éviter celui de « sondage » souvent décrié en suggérant qu’il s’agit de mesurer des variations comme la pression atmosphérique ou la bourse, souvent appelée « baromètre de la confiance publique » [11]. Ensuite, on observe que la tranche d’âge des personnes sondées va de 16 à 30 ans, c’est-à-dire qu’elle met dans le même panier des jeunes qui ne sont pas encore entrés dans le monde du travail et ceux qui y sont déjà ou censés y être : l’opinion ne peut avoir la même signification. On y apprend que 78% des hommes et 70% des femmes sont confiants en l’avenir pour eux-mêmes, alors que seulement 31% des hommes et 27% des femmes seraient confiants pour l’ensemble de la société française. Cela n’est pas étonnant, car des expériences de psychologie sociale ont montré que les sujets interrogés sont souvent plus négatifs dans les jugements qu’ils portent sur les autres pris dans leur ensemble que sur eux-mêmes [12]. En outre, on comprend qu’il soit difficile de se projeter dans l’ensemble d’une société tous âges confondus ? Le jugement pour soi n’est jamais le jugement pour les autres. Quant au commentateur de l’Ifop, il peut conclure doctement que « ce baromètre met en évidence leur besoin de sécurité, mais aussi le sentiment qu’ils ne pourront compter que sur leurs propres forces ». Comme on dit à l’armée : « les deux, mon capitaine ! »

Et comme si ce sondage —pardon, ce baromètre— devait être battu en brèche par un autre sondage, ayant eu lieu un an après, en novembre 2011, on apprend que les Français jugent sévèrement les jeunes : 53% les trouvent "Intolérants", 63% "Égoïstes", 53% "Paresseux et 64% "Pas engagés". Cela issu d’une série de questions demandant à la population sondée si elle « estime » que les jeunes ont une vie plus facile, à quoi il est répondu : 57% plus facile pour les "loisirs", 44% dans les "relations amoureuses", 34% pour les "études", 10% quant au "pouvoir d’achat" et 6% pour le "logement". On voit encore le côté hétéroclite des domaines interrogés : on ne peut juger des relations amoureuses qui renvoient à l’intime des personnes de la même façon que des loisirs ou des études, deux domaines extrêmement différents quant à la façon dont on les vit, et qui sont jugés de l’extérieur à partir d’observations sur la façon dont se comportent les jeunes. Quant à juger du pouvoir d’achat et du logement, cela dépend de la connaissance précise que l’on peut avoir sur le coût de l’habitation et les moyens économiques de chacun. En outre, à la question : « Avez-vous le sentiment que les jeunes d’aujourd’hui sont différents de ce que vous étiez vous-même au même âge ? », 83% ont répondu "plutôt différents" ou "très différents", réponse terrifiante par sa nouveauté : il y a fort à parier que si un tel sondage avait été fait auprès de chaque génération depuis l’Antiquité, la réponse aurait été de la même farine.

Mais venons-en à un sondage qui a particulièrement attiré mon attention. Il illustre parfaitement les problèmes que posent les sondages d’évaluation. Il a été publié par le journal Le Monde dans son édition du 2 février 2012, présentant le résultat d’une enquête qu’il a lui- même commanditée avec l’association Lire la société, et qui a été réalisée par Ipsos et Logica Business Consulting, du 20 au 21 janvier 2012, auprès de 978 personnes selon la méthode des quotas. Il y apparaît, sous le titre : « Les français estiment que l’éthique recule en politique », sous-titrant : « Une majorité des sondés sont peu confiants dans le respect des règles morales par les élus ».

Examinons de près les questions et les réponses. A la question : « En pensant à la vie politique française, diriez-vous plutôt que les grandes règles de la morale sont respectées par … », les réponses se distribuent ainsi : pour 57%, "Certains politiques" ; pour 2%, "Tous les politiques" ; pour 20%, "La plupart des politiques" et pour 20%, "Aucun politique". Si l’on écarte les 2% de "Tous les politiques" qui indique seulement que presque personne n’envisage possible une telle chose pour la totalité de la classe des élus, le "Certains politiques" à 57% et le "Aucun politique" à 20% se complètent : si aucun est estimé seulement par 20% des sondés, c’est qu’il y a une autre proportion qui estime qu’il y en a certains. Mais ici se pose une question : qui sont ces certains ? Sont-ce les élus locaux, les députés, les membres du gouvernement ? Il est difficile de donner foi à une réponse qui ferait un tel amalgame, l’amalgame étant d’ailleurs une des caractéristiques récurrentes de ce jeu de question-réponse des sondages. En outre, qu’est-ce que penser « à la vie politique française » ? Y a-t-il deux personnes qui y pensent de la même façon ?

Un autre problème que pose la question est celui du sens que les sondés peuvent attribuer à « règles » et « morale ». Qu’est ce que les règles en politique ? Est-ce la même chose que des principes ? S’agit-il de lois votées par le Parlement (la représentation nationale), de réglementations relatives au fonctionnement des institutions, de normes de comportement ? Difficile de trancher, et les tribunaux eux-mêmes essayent d’opérer ces distinctions par des jurisprudences, et en prononçant des sentences qui ne sont pas toujours comprises par le citoyen. Les affaires de conflit d’intérêt, de marchés publics, de prébende accordée à telle "bonne relation", de nominations stratégiques à tel poste important, etc. ne sont pas toutes justiciables du même jugement. Et puis, « la morale », est-ce la même chose que « l’éthique » comme le suggère le titre qui commente l’enquête ? Certaines pratiques jugées hors des règles de la morale, comme faciliter un marché public à une entreprise française, n’offensent pas nécessairement les grands principes éthiques. Cette question sera reprise plus tard.

Ensuite, il est demandé aux personnes du panel : « Quels sont les deux éléments que vous appréciez le plus chez les politiques en général : leur conviction pour les idées et les causes qu’il défendent (40%) ; leur sens de l’intérêt général (40%) ; leur sérieux et leur réalisme lorsqu’ils sont aux affaires (31%) ; leur capacité à prendre en compte vos préoccupations et vos problèmes (25%) ; leur désintérêt pour l’argent et pour les carrières du secteur privé (18%) ? ». Questions de préférence dont on peut se demander quelle signification attribuer aux réponses, car on se trouve dans le cas où répondre sur ce que l’on apprécie le plus chez les autres renvoie en même temps à ce que l’on apprécie le plus pour soi-même. Or, l’on sait que les comportements tels qu’on se les représente idéalement sont une chose, tels qu’on les pratique, une autre. Sans compter que quand il s’agit des autres, on radicalise son exigence [13]. Une difficulté supplémentaire surgit lorsqu’il s’agit de savoir si on peut apprécier les convictions des autres lorsque celles-ci s’opposent aux nôtres. Les élus doivent se préoccuper de l’intérêt général et non point des intérêts privés, puisqu’ils ont été élus pour cela, mais ceux qui doivent répondre à cette question prennent-ils eux-mêmes en compte l’intérêt général dans le cadre de leur activité professionnelle qui les pousse peut-être à donner priorité à l’intérêt privé ? Et d’ailleurs, le « prendre en compte vos préoccupations et vos problèmes » ne renvoie- t-il pas à l’intérêt privé ? Autrement dit, est-ce que le 40% du « sens de l’intérêt général » n’est pas une sorte de ce qu’en psychologie on appelle "le retournement du stigmate" : exiger de l’autre un comportement idéal que l’on ne peut exercer soi-même ?

Enfin, une autre batterie de questions cherchent à évaluer « Quels sont les deux éléments qui en politique sont les moins acceptables pour vous : La défense d’intérêts privés plutôt que l’intérêt général (31%) ; les promesses non tenues (29%) ; la langue de bois (23%) ; le cumul des mandats (22%) ; le niveau de vie de certains politiques (21%) ; le favoritisme dans les nominations à certaines fonction (21%) ; les changements de discours en fonction des circonstances (21%) ; les changements de camp de la gauche vers la droite ou inversement (10%) ; l’utilisation des liens familiaux pour entrer en politique ? » On retrouve ici, cette fois en creux (« les moins acceptables »), la première question sur l’intérêt général et les intérêts privés qui se trouve renforcée, bien que dans une moindre proportion (31%) ; pour autant, elle participe de ce même phénomène de représentation idéale. De plus, il est curieux que soient mélangés des éléments comme « la langue de bois » et « les changements de discours en fonction des circonstances », qui sont difficiles à percevoir (qu’est-ce que la langue de bois [14] et comment juger d’un changement de discours ?), avec « le cumul des mandats », « le niveau de vie », « le favoritisme » qui, eux, sont observables et vérifiables. Ces observations mettent en doute la réelle pertinence d’un tel sondage, et en tout cas, elles ne corroborent pas la sentence émise par les commentateurs du sondage : « s’ils veulent être élus, les responsables politiques "ont intérêt à dire la vérité sur la situation du pays" » [15]. Quelle est cette vérité ? Qui la détient ?

Un autre sondage encore plus récent [16] nous apprend que « Deux Français sur trois jugent que la campagne n’est "pas intéressante" », et les journaux télévisés, les radios et la presse de relayer cette annonce, dont la plus belle formulation est « Les Français sont fatigués » [17]. Voilà encore un bon exemple de ce miroir aux alouettes. On pourrait ironiser sur le « deux Français sur trois » au regard de la population électorale française qui comprend 43 millions d’électeurs. Il s’agit là de l’effet paradoxal d’un calcul de proportion sur échantillon dit représentatif qui par définition ne correspond pas à un calcul en nombre, mais se trouve amplifié dans son effet (deux tiers), précisément parce qu’il se veut représentatif d’une totalité. Mais voyons les choses d’un peu plus près.

Commençons par la question globale : « Trouvez-vous la campagne pour l’élection présidentielle très, plutôt, plutôt pas ou pas du tout intéressante ? » Selon le phénomène d’imposition d’un cadre de pensée décrit plus haut, on oblige la personne interrogée à considérer la campagne du point de vue de son intérêt. Peut-être que peu de gens s’étaient posés cette question, mais celle-ci apparaissant commence à naître le doute. De plus, par un processus répertorié dans certaines expérimentations en psychologie sociale [18], une question impliquant une polarisation incline les personnes interrogées à répondre par la négative. D’autant que, dans ce cas précis, se trouve touchée la fierté d’avoir à juger des personnalités politiques, dans une position de surplomb, comme une sorte de revanche des petits sur les grands. Le sondé, qui est un anonyme, se trouve légitimé comme citoyen opinant exerçant, illusoirement, son droit démocratique de vigilance.

Ensuite, remarquons l’effet que peuvent produire les "plutôt" et "plutôt pas" sur les personnes interrogées. Ces marques de modalité du discours, de même que les « diriez-vous », « pensez-vous », « croyez-vous », « trouvez-vous », ou encore « selon vous », « d’après vous », « à votre avis », sont des marques de subjectivité ambigües [19] qui désengagent le sujet dans l’énonciation de son jugement. Elles indiquent que le sujet qui s’exprime n’est pas très sûr de lui, que son jugement est aléatoire et qu’après tout il pourrait dire le contraire : ce sont des marques de flottement du jugement. En tout état de cause, rien ne justifie de les cumuler avec les "très" et "pas du tout" comme le propose le sondage qui fait dire aux supposés Français que la « campagne n’est pas intéressante » dans une proportion de 65%, en additionnant les 30% de "pas du tout" et les 35% de "plutôt pas".

Si l’on regarde maintenant le détail des réponses à la question : « Pour chacun des thèmes suivants, pouvez-vous me dire si, dans la campagne pour l’élection présidentielle, on en parle trop, pas assez ou comme il faut ? », on relève diverses contradictions entre les résultats et leur interprétation. On pourrait se demander au préalable où, chacun des sondés place le curseur du "trop" et "pas assez" et selon quel critère. Mais voyons le résultat du classement. « Le logement » et « Les retraites » arrivent en tête du "pas assez" (73%) [20]. Mais ce ne peuvent être les mêmes catégories sociales qui sont concernées par ces deux thèmes. « La justice sociale » arrive en troisième position (68%) [21], et l’on peut supposer que celle-ci est liée, fantasmatiquement, aux questions d’insécurité car ce n’est pas la totalité des citoyens qui ont affaire avec la Justice. Or le thème de « L’insécurité » n’arrive qu’en neuvième position (53%). « Le pouvoir d’achat », dont on pourrait penser qu’il se présente en première position si lesdits Français réagissent, comme le disent les commentaires, en fonction de leur intérêt immédiat (la vie quotidienne), ce thème arrive en quatrième position (63%). Mais comment dissocier celui-ci du logement, des retraites et même de « La politique fiscale » et de « La crise économique » qui arrivent respectivement en douzièmes (39%) et quinzième position (28%) sur seize thèmes ? De plus, juger que « La crise économique et financière » n’est "pas assez" traitée à 28%, "comme il faut" à 28% et "trop" à 43% prouve la surdité des sondés (c’est-à- dire, finalement, la disparité de leur mode d’information) au regard des thèmes que traitent les différents candidats dans leurs meetings, leurs blogs et leurs interviews. Dès lors, pourquoi réclamer que l’on dise la vérité aux Français, comme le font certains économistes ou d’anciennes personnalités politiques qui peuvent se lâcher [22] ? Enfin, les réponses sur « L’immigration », qui occupent l’avant dernière place, nous laissent dans l’expectative au vu des 36% de "pas assez", 28% de "comme il faut" et 33% de "trop" : les "pas assez" seraient-ils les électeurs potentiels du Front national ou serait-ce les "comme il faut" ? Les "trop" seraient-ils ceux qui regardent souvent la télévision, car il ne se passe pas un jour sans qu’il soit question, de viande Hallal, de problèmes de banlieue, de communauté religieuse, de supériorité de telle civilisation sut telle autre ? Devant de telles contradictions, sondés de la terre, réveillez-vous ! On vous fait dire ce que vous ne pensez pas.

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Le désir de connaître l’état de l’opinion publique à différentes époques sur diverses questions de société est tout à fait légitime. Encore faut-il s’en donner les moyens, se demander pourquoi et comment on leur donne publicité, savoir quels effets ils peuvent produire sur le public et si c’est au bénéfice de la démocratie. Les moyens, ce sont des enquêtes qualitatives longues avec des techniques de sélection et de catégorisation de la population autrement plus fines et complexes que celles qu’emploient les grands instituts de sondage, des entretiens approfondis individuels et/ou de groupe selon des procédures délicates qui supposent une réflexion sur les modes d’interrogation et le choix des questions, enfin des moyens de traitement des résultats qui font appel à des calculs parfois très sophistiqués auxquels ne peuvent se livrer les instituts de sondage qui ont besoin de publier des résultats simples et clairs, alors que la réalité de l’opinion est quelque chose d’extrêmement complexe.

Se demander pourquoi effectuer un sondage revient à s’interroger sur la nature de l’organisme qui les commandite et le contexte social et politique dans lequel il est réalisé. Se demander comment le publiciser revient à considérer le type de support médiatique qui le donne à connaître (presse, radio, télévision), dans quelle présentation et jusqu’à quels détails de l’enquête. Car, sous couvert de démocratie, les sondages s’inscrivent dans un marché : des instituts de sondage en concurrence économique, des politologues en concurrence de commentaires, des politiques en concurrence d’images, des médias en concurrence d’audience. Du même coup, on voit quelle peut être la responsabilité des commanditaires, des sondeurs et des diffuseurs : s’ils n’en ont pas conscience, ils peuvent être taxés d’ignorance coupable, s’ils en ont conscience, cela s’appelle de la manipulation.

Du point de vue des effets, toujours difficiles à mesurer, on peut dire que le sondage est un dispositif (échantillonnage, interrogation, traitement des données, interprétation, diffusion) qui fonctionne comme un miroir, un miroir qui donne à l’opinion l’illusion de se voir dans des idées dominantes. En effet, le sondage est un acte de langage qui pose des questions à des individus, recueille des réponses collectives qui sont des déclarations d’intention, de préférences, d’évaluation censées refléter des avis collectifs ayant force d’autorité et devant être reconnus par autrui, donc par moi-même qui me vois comme un "sujet de pensée". Il nous renvoie en miroir, même si l’on n’y croit pas, l’image de ce que serait notre opinion, il nous dit ce que nous pensons. Ainsi se construit la doxa, comme opinion qui devient de "bon sens". Et plus la doxa gonfle en nombre, plus elle entraîne d’adhésion derrière soi. Dans une de ses notes de la campagne de 2007 [23], le sociologue Cyrile Lemieux propose la notion de « prophétie auto-réalisatrice » qu’il emprunte à un autre sociologue, Robert K. Merton : « C’est, au début, une définition fausse de la situation, qui provoque un comportement qui fait que cette définition initialement fausse devient vraie » [24]. On peut aussi, en s’appuyant sur la théorie de la « spirale du silence » [25], dire que le sondage produit l’effet d’une "spirale spéculaire" : à se regarder dans le miroir des opinions doxiques, on finit par y coller le nez. Mais, au fait, miroir aux alouettes de quoi ? De l’opinion ? Mais qu’est-ce que l’opinion publique ? A suivre…

Patrick Charaudeau
Professeur Émérite
Université Paris XIII
CNRS-LCP
Paris, le 16 mars 2012
Notes
[1] "L’opinion publique n’existe pas", in Questions de sociologie , Minuit, Paris, 1984, pp.222-235.
[2] Je renvoie plus particulièrement aux "Contre-enquêtes" et "Tribunes" du journal Le Monde, dans ses éditions des 9 et 17 mars 2011.
[3] Ici apparaissent les différences théoriques et méthodologiques entre la sociologie et la psychologie sociale.
[4] Voir : Lehingue P., Subunda. Coups de sonde dans l’océan des sondages, Éditions du croquant, 2007.
[5] Voir le numéro 23 de la revue Mots, de juin 1990, consacré au "discours des sondages d’opinion".
[6] A quelques exceptions près : « Savez-vous ce qu’est la TVA sociale ? »
[7] « Inspiration » : sentiment ressenti dans un moment donné selon l’humeur et les circonstances
[8] Pour la théorie de l’engagement, voir Beauvois J.-L., Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, Presses Universitaires de Grenoble, 1987.
[9] Voir la dernière valse des sondages contradictoires opposant les résultats d’une enquête IFOP du 13 mars donnant Sarkozy à 28,5% contre 27% à Hollande, et ceux de TNS-Sofres donnant 30% à Hollande et 26% à Sarkozy, qui permet aux médias de gloser sur le "croisement des courbes" et ce faisant de dramatiser la campagne.
[10] Le Monde du 27 septembre 2010
[11] Dictionnaire Le Robert
[12] Voir, sous la direction de Charaudeau P., Regards croisés. Perceptions interculturelles France- Mexique, Paris, Didier-Érudition, 1995.
[13] Voir les études de psychologie sociale : Zavalloni M., "L’identité psychosociale, un concept à la recherche d’une science", in Moscovici S. (dir.), Introduction à la psychologie sociale, Larousse, Paris, 1973.
[14] Il y a de nombreuses études sur cette question. Voir, entre autres, le numéro 21 de la revue "Mots. Les langages du politique", Langues de bois, décembre 1989, et Delporte C., Une histoire de la langue de bois, Flammarion, Paris, 2009.
[15] L’Éditorial du Monde du 2 février 2012.
[16] Sondage Ipsos-Logica Business Consulting des 2-3 mars, publié par Le Monde du 7mars 2012.
[17] Brice Teinturier sur France culture, le 6 mars 2012.
[18] Voir Beauvois J-L., La psychologie quotidienne, PUF, paris, 1984.
[19] « Croyez-vous », par exemple, peut indiquer une évaluation neutre ("il est possible que") ou une implication ("moi, je pense que"). Les expériences de Zavalloni (op. cit.) ont montré l’influence de ces modalisateurs sur les réponses des interrogés.
[20] Pour l’ensemble des résultats, voir Le Monde du 7 mars 2012
[21] Je ne retiens que le pourcentage des "pas assez" pourtant éminemment subjectif.
[22] Voir un des derniers livres de Michel Rocard, Si ça vous amuse. Chronique de mes faits et méfaits, Flammarion, Paris, 2012.
[23] Un président élu par les médias ? Regard sociologique sur la présidentielle de 2007, Presses des Mines, Paris, 2010.
[24] Eléments de théorie et de méthode sociologique, A. Colin, Paris, 1997.
[25] Voir sa réutilisation par Noëlle-Neumann E., "La spirale du silence. Une théorie de l’opinion publique", revue Hermès n°4, 1989, pp.181-190.
Pour citer cet article
Patrick Charaudeau, "De certains sondages : « Miroir, miroir, dis-moi ce que je pense ! » (notes de campagne)", NOTES DE CAMPAGNE (Un regard Sémiologique), consulté le 27 mai 2019 sur le site de Patrick Charaudeau - Livres, articles, publications.
URL: http://www.patrick-charaudeau.com/De-certains-sondages-Miroir-miroir.html
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